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Réseau d’éducation à l’environnement en Poitou-Charentes

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Des ateliers pour "entrer en écriture"

mercredi 14 mai 2003

Lors du week-end sur l’écriture organisé par le GRAINE, plusieurs ateliers nous ont permis peu à peu d’ « entrer en écriture ».

Découvrez quelques exemples...

Ecrire une émotion, une sensation, un sentiment sans outil scripteur

- Pour appréhender l’écrit autrement
- Pour susciter le plaisir d’écrire autrement
- Pour vivre l’écriture autrement

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Air
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Après
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Autrefois
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Senteur
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Zut

Ecrire cette émotion sur le carnet d’itinérance (carnet personnel)

- Pour oser écrire en toute liberté
- Pour ne plus avoir peur d’écrire
- Pour percevoir que « écrire pour soi » est un véritable enrichissement personnel

On a pu lire sur les carnets :

Il suffit de quelque rien
Des mots griffonnés ça et là
Comme autant d’impressions glanées en chemin
Un brin d’herbe collé
Comme autant de trésors tendrement amassés
Un paysage dessiné
Comme autant de palettes colorées
Pour que ce carnet tout au long de ce week-end
Devienne au fil des pages
Ton compagnon de voyage

Annette Praud


Petit carnet de mon intime aux cannelures sucrées du miel de ce goûter d’écriture ! J’aime sa douceur soleil. Ce week-end a le goût agréable du repos et du délice de la rencontre.

Je choisis le bleu pour éviter le gris du ciel et le gris de mon âme ! Je semble marginale car je parais isolée mais je suis reliée aux autres ! Je les écoute retransmettre leurs écrits sur les jeux de rôles. J’aime entendre les textes des autres ! Ce plaisir est nouveau pour moi ! Je peux être vraiment à l’écoute sans me dire : "sont-ils meilleurs que moi pour écrire ?". C’est comme si il y avait une note au bout de la ligne... par rapport à qui, à quoi ? Ai-je toujours besoin de me sanctionner ou de me récompenser pour me reconnaître, me sentir reconnue ! Quelques rires ! ! ! ! pour passer l’éponge sur l’émotion que nous venons tous de partager ! Nous venons de vivre un grand moment d’écriture. Khalid nous a offert son lire. Moi, je suis bouche bée, la craie rose suspendue au bout de mes doigts ! C’est un vrai roman que j’ai entre les mains et j’attends de me régaler ce livre à mon chevet.

Il suffit d’un petit rien pour que je reprenne l’écriture en main : « les cris tueraient ! les cris tuent rien ! les cris sont miens ! C’est vrai, j’ai envie de crier mais ici c’est pas comme ailleurs. Ici, je plie et ploie la plume à l’appui alors que certains parapluient ! On me supplie et je plie mon papier sous l’appui de ma plume. Mais il se plie et se replie sous la pluie. Bientôt, je ne serai plus qu’un puits et puis, et puis…Plus il pleut, plus ma plume s’emplit de pluie ! Ceci me plût, et j’aurai plaisir à dire plus tard : « ici, c’était vraiment pas comme ailleurs... »

Ailleurs, ils n’auraient jamais pris autant de soin pour confectionner cet objet merveilleux ouvert à mes écrits. Ailleurs, ils disent qu’ils savent !!! Ils savent organiser des stages, en éparpillant à la pelle des piles de photocopies que plus jamais on ne lit ! Moi, ce qui me donne envie… envie d’écrire, c’est ce petit carnet qui va vraiment devenir au fil des pages mon compagnon de voyage !

Il en a fallu du temps pour découper, assembler et relier toutes ces feuilles à la couverture en carton ondulé. C’est le raphia qui sert de fil conducteur à mes pensées. Il est fragile et fort à la fois. Car, il faut être fort pour garder les mots. Les mots, si on les laisse faire, ils se faufilent vous filent entre les doigt et s’envolent au loin là-bas ! Alors vous restez tout bête face à votre feuille blanche. Moi, les mots, je veux les faire naître, grandir et tout doucement les apprivoiser pour qu’ils se donnent la main. Ils m’emmèneront sur leur chemin. Quelquefois, ils marchent pas à pas ou bien, ils m’entraînent dans une course folle ! Je me dis : " alors la vie est si belle" et mes yeux pétillent en pensant au plaisir que vous aurez peut-être à me relire. J’ai réellement envie de dire : "il faut écrire", car ce sont tous ces mots qui combleront de beauté l’humanité !

L’humanité… "L’ amanite hé !". Hé ! si j’étais un champignon, je me ferai tantôt douceur ou tantôt fureur selon mes humeurs ! Je prendrai du temps pour choisir mon lieu et mon heure. Peut-être ici dans ce sous bois aux mille couleurs d’automne ornementées de perles de pluie ou bien dans ce vert prairie. Je ne sais. Si je choisis le sous bois comme toit, ce sera à l’orée du bois là où la lumière du soleil parviendra jusqu’à moi ! Je serai tantôt une belle amanite rouge passion qui fera tue-mouches à toutes mes réalités gênantes, tantôt une joyeuse petite coulemelle qui osera être la plus belle rien que pour toi ! Si je choisis la prairie, je serai gros bonhomme ou p’tit bonhomme rose ou blanc. J’aurai tous mes copains bonhommes autour de moi. Nous rirons le cœur léger de tous ces beuglements pâteux, nous qui ne sommes que murmures et enchantements ! Que je choisisse ceci ou cela, je ne ferai jamais ce choix ci d’être champignon de Paris ! "Pas ri"… Qui a dit que nous n’avions pas ri. Oh ! si je me souviens, nous avions bien ri à ce week-end d’écriture ! Nous avions écrit bien sûr... mais écrire c’est aussi rire, frémir, tressaillir, jouir,… et tous les "ire" du monde ne pourraient jamais dire ce qu’est le plaisir d’écrire !!!!!!

Annette PRAUD

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