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Ecrire... Pourquoi écrivons-nous ?

mercredi 14 mai 2003

Il suffit de poser simplement la question pour que les réponses fusent : pour communiquer, pour comprendre, pour mettre au clair des idées, pour établir des contacts (ou pour les faire évoluer...), pour exprimer des sentiments, pour apaiser des colères, pour mieux appréhender la réalité qui nous est parfois hostile parfois trop complexe... parfois trop belle pour la laisser s’envoler dans un présent sans traces… Une multitude de buts... ou de raisons... (ça dépendra de la manière dont on aborde la question ! ) qui parlent de la richesse d’une activité si quotidienne et en même temps, si difficile parfois.

J’aime bien prononcer les mots tout doucement et entendre ce qu’ils veulent me dire, ce qu’ils suggèrent dans leur sonorité, dans leur dureté ou douceur... Je prononce alors le mot « écrire » et j’attends... Cette fois-ci, il prend toute sa force et éclate en mille morceaux... E-C-R-I-R-E me rend des petites pierres précieuses comme « RIRE » ou « CRIER » ou « CREER », des étincelles qui m’éclairent sur le sens de l’écriture.

Ecrire, c’est rire... ( ?)

Et oui, écrire revient à combiner des lettres sur un papier, à assembler des mots pour donner du sens, à jouer avec les mots comme on jouait à combiner des couleurs et des gribouillages quand on était enfant et qu’on ne maîtrisait pas encore l’écriture.

Pour moi, l’écriture a toujours quelque part ce côté ludique. Même les écrits professionnels (compte rendu, bilan de réunion, etc.) qui -à priori- n’ont rien de rigolo partagent cet aspect-là dans la mesure ou on combine des mots, on cherche le terme le plus approprié a l’idée qu’on veut exprimer, on essaie de ne pas répéter des mots qui ont des sonorités très proches en utilisant des synonymes, on rassemble des idées, on les ordonne (ou désordonne) dans le déroulement de notre argumentation, etc.

...Un peu comme un puzzle ou un jeu de dames… on se demande tout le temps quelle est la meilleure façon (stratégie) pour dire ceci ou cela… quelle serait la meilleure manière de se faire comprendre... ?!

Ecrire, c’est crier.

Le cri, étant l’expression la plus primitive du désir de communiquer. L’écriture est parfois un cri… une demande désespérée de secours, un besoin profond de communiquer, une nécessité vitale d’entrer en contact avec l’autre.

« Ecrire, c’est faire appel (...) » affirmait déjà le philosophe Jean Paul Sartre en 1948, dans son ouvrage Qu’est-ce que la littérature ?

Faire appel au lecteur pour qu’il confirme mon existence et l’existence de ce que je viens de découvrir en le mettant par écrit.

Par l’écriture, je découvre non seulement que je suis un sujet particulier qui a une certaine expérience du monde mais qu’il y a d’autres sujets avec qui je peux (ou pas ) partager cette expérience. Certains pourraient me dire que celle-ci est la caractéristique de la communication en général, qu’elle soit orale ou écrite. Et c’est vrai !

L’écrit fait partie des manières diverses dont on dispose pour communiquer. Mais sa spécificité réside dans la possibilité du dialogue « différé », gardant la trace de ce qui a été dit, l’écriture permet d’établir un dialogue avec les générations à venir et/ou les personnes non présentes au moment de la discussion proprement dite. L’écriture multiplie dans le temps et dans l’espace les possibilités de communication humaine et c’est là -j’en suis persuadée- que réside toute sa richesse et sa force.

Ecrire, c’est créer

Et dans la création, on rejoint les deux aspects précédents : le côté ludique et la communication avec autrui, à quoi on devrait ajouter le caractère unique de chaque écrit.

Un exercice tout simple viendrait rapidement prouver ce qu’on vient de dire : mettez 10 personnes dans une salle et donnez-leur un sujet de rédaction quelconque ou même une consigne de compte rendu professionnel sur un sujet déterminé… et attendez les résultats…il n’y aura certainement pas deux écrits similaires !

Même si l’objet de l’écriture est le même pour tout le monde, chacun aura choisi une manière différente de présenter ses idées non seulement dans la sélection du vocabulaire mais dans la façon d’assembler les phrases, d’enchaîner (ou pas) les paragraphes, dans le choix du style (humoristique, nostalgique, etc.).

Face à la « page blanche », chacun se servira des outils (crayon, stylo, langage, etc.) comme bon lui semble. Et l’œuvre terminée sera toujours unique originale et transcendante. L’écriture restera toujours un espace de liberté essentiel pour l’être humain...

Mariana ELOLA-LUTTON

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