GRAINE Poitou-Charentes
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Les projets collectifs de vente en circuits courts, comme moteur de changement vers plus de durabilité…

Article extrait du numéro spécial de la Lettre du GRAINE de mars 2011

Article de Alexiane SPANU [1].


L’éducation populaire et les échanges de pratiques font partie des valeurs et des méthodes du réseau Inpact (Initiatives pour
une Agriculture Citoyenne et Territorialisée).
Les initiatives de circuits courts sont également au coeur des actions des associations de ce réseau. En quoi les principes d’éducation populaire et l’échanges de pratiques favorisent
le changement vers plus de durabilité ?

Zoom sur une étude menée en Bretagne sur les liens entre
circuits courts et environnement :
Une quinzaine de producteurs se sont regroupés pour créer et
faire vivre un point de vente collectif, en périphérie de
Rennes. Ce groupe, accompagné par les Civam (Centres
d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu Rural), est
particulièrement moteur dans la réflexion pour des
améliorations de production.

Nous détaillons ici un exemple d’échanges révélateurs de
l’état d’esprit régnant dans ce groupe de producteurs et des
avancées concrètes et pragmatiques d’une approche fondée
sur l’échange de pratiques, le montage de projets en collectifs.
Lors d’une réunion pour la définition d’une charte commune
aux producteurs du magasin, il était question d’une liste de
pratiques à proscrire. A propos du rumex, les avis étaient
partagés, certains arguant qu’un traitement localisé était
recevable, d’autres voulant interdire tout traitement. Cette
question a fait débat et provoqué une vraie séance d’échange
d’expériences, chacun proposant un conseil pour aider ceux
qui en avaient besoin à se débarrasser à la fois
des rumex et du produit phytosanitaire associé.

D’une manière plus générale, l’étude menée par
A. Spanu en 2008 [2] montre que les
changements de pratiques en matière environnementale par le
biais des circuits courts sont fortement liés aux dynamiques de
groupe et à l’appartenance à des réseaux « alternatifs » de
développement agricole. Une des caractéristiques de ce
réseau alternatif est, justement, que chacun trouve sa place et
se sente bien dans ses relations avec les autres. Ces conditions
favorisent la confiance en soi, autrement que par la voie de la
réussite et de la performance technique. Ces liens sont
également des ressources mobilisables sur des questions
concrètes. Enfin, ces liens donnent une force et une
dynamique à des projets de groupe qui permettent des
avancées collectives conséquentes. C’est un aspect également
relevé dans une étude sur les points de vente collectifs en
Rhône-Alpes [3].

Notes

[1Animatrice-formatrice à l’AFIPaR (Association de Formation
et d’Information des Paysans et des Ruraux), membre du réseau
Inpact Poitou-Charentes et du CELAVAR

[2Spanu A., (2008), La vente en circuits courts par les agriculteurs favorise-telle l’adoption de pratiques agricoles
plus respectueuses de l’environnement ? Cas du bassin de
consommation de Rennes. Mémoire de fin d’étude
Agrocampus Rennes. FRCIVAM Bretagne

[3Bernard C. et al. Pratiques collectives de vente directe. In Les
circuits courts alimentaires. Educagri Editions, 2008.

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