Article de Yannick BRUXELLE [1]
Initié dès 2003 par le Rectorat, alors que l’académie de Poitiers était l’une des académies expérimentales - avant même le lancement en 2004 de la première circulaire de « généralisation de l’EEDD » en milieu scolaire [2] - ce comité de pilotage a pris dès son origine une forme partenariale très ouverte.
L’État, les collectivités, les associations, les agences spécialisées
et même une entreprise en faisaient partie autour d’un dispositif élaboré collectivement et convenant aux voeux et contraintes de chacun : « le dossier unique ».
Au moins trois fois par an, toutes ces personnes se
retrouvaient pour étudier et soutenir (financièrement,
techniquement, pédagogiquement) les projets portés par
les écoles et établissements de l’académie mais aussi
pour débattre d’une politique concertée pour développer
l’EEDD [3] en milieu scolaire.
En 2009 des directives ministérielles, des contraintes administratives et des volontés politiques ont mis du sable dans ces rouages entrainant des décisions non concertées : l’Éducation Nationale supprimant ce dispositif puis la Région et l’ADEME proposant un appel à projets aux établissements. Le GRAINE, comme d’autres membres de ce comité de pilotage, a regretté ce recul du partenariat et a cherché à oeuvrer pour que la confiance se restaure.
En 2010 et 2011, de nombreuses séances de travail ont eu lieu avec une volonté de rapprochement important - preuve de la force d’un tel comité constitué de personnes s’appréciant et habituées à travailler ensemble. L’appel à projets porté par la Région et l’ADEME a reçu l’aval de l’ensemble du comité et l’Éducation Nationale a appelé tous les membres à co-construire un cahier des charges pour une « labellisation académique E3D [4] » définissant trois niveaux d’établissements : engagé, confirmé ou expert.
Des leçons sont très certainement à tirer de cette expérience… Tout d’abord, la preuve que lorsque les racines du partenariat sont solides et les habitudes de travail effectives, elles constituent une force mobilisable. Mais aussi un rappel voire une alerte : ces relations partenariales sont sans cesse à entretenir et jardiner !


